Insalubrité morbide / Syndrome de Diogène

Ça fait déjà 10 ans que je suis organisatrice résidentielle. J’ai vu des maisons un peu désorganisées, beaucoup et énormément encombrées et d’autres complètement étouffantes.

Je m’en souviens d’une en particulier. Une femme dans la soixantaine avancée, toute menue, m’a ouvert la porte de son appartement pour que je l’aide à organiser ses choses.

Il y en avait partout ! Elle ne se lavait plus parce que sa baignoire servait d’entrepôt de vêtements. Elle avait perdu son set de chambre, de cuisine et de salon sous une quantité incroyable d’achats compulsifs. Il y avait des sacs empilés sur des boîtes, entassées jusqu’au 3/4 des murs. La seule place où j’ai pu m’asseoir, ce fut sur un coin de son lit. Elle, assise aussi sur son lit devait recroqueviller ses jambes pour me laisser de la place.

Les services d’urgences avaient eu vent par des voisins et le proprio de l’état de son logement. Elle ne voulait pas être évincée. Isolée parce qu’elle n’acceptait bien entendu aucune visite chez elle, elle était persuadée qu’avec mes conseils, je pourrais lui suggérer des façons de ranger afin que chaque chose trouve sa place. C’est le coeur gros que je suis repartie. Je l’ai abandonnée alors qu’elle me faisait confiance. J’étais bien dépourvue.

Bien sûr, cette dame avait besoin de soins psychiatriques, mais je pense qu’avec le soutient de sa famille, mon aide, les services d’urgence et la compagnie Ramasse.ca, nous aurions pu faire grand bien à cette femme.

Si vous connaissez quelqu’un qui ramasse, qui ne vous reçoit jamais chez eux, où les rideaux sont toujours tirés ( même par grand soleil ) si cette personne vous dit souvent «faut que je fasse mon ménage», il se peut que si vous lui référez mon livre Vaincre le désordre et mon site web, qu’elle fasse un pas vers moi.

Le ramassage est une dépendance aussi forte que la nourriture, la drogue, l’alcool… ne pensez pas que cette personne est lâche et qu’à vous seul, vous pouvez la motiver afin qu’elle change. Vider sa maison, sans que soit amorcée une prise de conscience, un goût de vivre autrement, ne fera qu’accentuer sa compulsion.

Voici la chambre où je me suis assise. Vous pouvez voir l’oreiller verte à droite. Je me suis assise sur le sac blanc, sous la couverture bleue.
La maison entière était dans cet état. Il se peut que chez vous ou chez quelqu’un que vous connaissez soit «moins pire » que ça. Mais n’attendez pas trop si c’est le cas. Je ne juge pas, c’est mon travail. De plus, avec l’équipe tellement humaine de Ramasse.ca, vous pouvez y mettre un terme.

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